Le téléphone de mon vénérable père émet un signal.
- Ce doit être le scotch belge.
- Pourquoi tu l'appelles comme ça, ton amoureuse ? elle te soûle ?
- Oui, et elle me colle.
My venerable father's phone rings.
- It must be the belgian scotch.
- Why do you call your girlfriend this way? Like booze?
- I get drunk and stuck.
Affichage des articles dont le libellé est Dr Love. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dr Love. Afficher tous les articles
14 décembre 2018
28 août 2018
En duo/duos
Pendant les vacances, Meilleurami a appelé le gentil couple formé par Viking n°2 et Dulcinée d'après tous les duos célèbres : Tristan et Iseult, Roméo et Juliette, Paul et Virginie, Sailor et Lula (Sailor et Lula, t'es sûr ?), Héloïse et Abélard, etc.
Dulcinée a eu la curioisité de se renseigner sur les destins de ces références. Et au bout de quelques jours, elle a protesté :
- et sinon, vous n'auriez pas un couple célèbre qui échappe à la mort ?
- Tic et Tac ?
During holidays, Bestfriend called our nice couple made of Viking n°2 and Dulcinee after famous duos : Tristan and Iseult, Romeo and Juliette, Paul and Virginie, Sailor and Lula (Sailor and Lula seriously ?), Heloise and Abelard, etc.
Dulcinee was curious about the sotries behind the names. After few days, she complained:
- and then you don't know about people not dying tragically?
- Chip and Dale?
Dulcinée a eu la curioisité de se renseigner sur les destins de ces références. Et au bout de quelques jours, elle a protesté :
- et sinon, vous n'auriez pas un couple célèbre qui échappe à la mort ?
- Tic et Tac ?
During holidays, Bestfriend called our nice couple made of Viking n°2 and Dulcinee after famous duos : Tristan and Iseult, Romeo and Juliette, Paul and Virginie, Sailor and Lula (Sailor and Lula seriously ?), Heloise and Abelard, etc.
Dulcinee was curious about the sotries behind the names. After few days, she complained:
- and then you don't know about people not dying tragically?
- Chip and Dale?
26 janvier 2016
La fève moderne
Deux galettes suffisent à l'ensemble des collègues.
- J'ai la fève !
- Choisis ta reine !
Une couronne atterrit sur ma tête.
- Moi aussi, j'ai la fève !
Et une deuxième couronne atterrit sur ma tête.
- Nous sommes un couple moderne : un homme, une femme, une reine.
Vous savez le pire ? Depuis l'épisode, mes deux conjoints de galette m'appellent vraiment "ma reine".
- J'ai la fève !
- Choisis ta reine !
Une couronne atterrit sur ma tête.
- Moi aussi, j'ai la fève !
Et une deuxième couronne atterrit sur ma tête.
- Nous sommes un couple moderne : un homme, une femme, une reine.
Vous savez le pire ? Depuis l'épisode, mes deux conjoints de galette m'appellent vraiment "ma reine".
6 janvier 2016
Roméo
Viking n°2 est amoureux.
Pardon.
Amûûûûûûreux !!!!
Mordu, épris.
Un soir, il m'a tendu le téléphone pour que je parle à Dulcinée. J'ai parlé avec Dulcinée.
Un autre soir, il m'a demandé d'acheter des capotes. J'ai dit d'accord, mais prenez votre temps.
Un autre soir, il a parlé mariage avec ses frères devant moi (enfin, techniquement, derrière, mais pour le moment, c'est moi qui conduis). J'ai dit que c'est trop tôt, mais que le moment venu, je serai là. Avec un chapeau.
Je trouve ça mignon, mais je le garde pour moi. Ne caftez pas.
Pardon.
Amûûûûûûreux !!!!
Mordu, épris.
Un soir, il m'a tendu le téléphone pour que je parle à Dulcinée. J'ai parlé avec Dulcinée.
Un autre soir, il m'a demandé d'acheter des capotes. J'ai dit d'accord, mais prenez votre temps.
Un autre soir, il a parlé mariage avec ses frères devant moi (enfin, techniquement, derrière, mais pour le moment, c'est moi qui conduis). J'ai dit que c'est trop tôt, mais que le moment venu, je serai là. Avec un chapeau.
Je trouve ça mignon, mais je le garde pour moi. Ne caftez pas.
9 mai 2015
This is the end
Tu m'avais affirmé que je ne connaissais pas la fin de notre histoire.
En fait, si.
Quand on termine une histoire, on en écrit la fin.
Je crois que j'ai été assez veule pour que tu ne me regrettes pas longtemps. Et comme tous les amants déçus, tu me porteras avec joie au bûcher de tes souvenirs.
En fait, si.
Quand on termine une histoire, on en écrit la fin.
Je crois que j'ai été assez veule pour que tu ne me regrettes pas longtemps. Et comme tous les amants déçus, tu me porteras avec joie au bûcher de tes souvenirs.
14 octobre 2014
Eyes wide shut
Et si je vous
rends ce regard, que va-t-il se passer ?
Je vous sais
honnête et droit, et votre désir de moi doit être bien puissant, pour que de
votre position, vous osiez ce regard sur moi.
Il est
risqué et d’autant plus enivrant qu’il ne peut être ignoré.
Mais si moi,
j’en ai envie, de vous rendre ce regard ?
Vous me direz
que c’est un hommage, qu’il ne coûte et n’implique rien.
Je vous dirai
qu’il me brûle, et qu’il est si plein de tentations, que j’ai envie de vous le
retourner.
Je vous dirai
que j’aime l’affrontement de nos esprits affûtés, le choc de nos idées et l’infinie
tendresse de votre voix.
Que vos yeux
bleus innocents n’ont jamais envisagé que je vous regarde comme ça, moi aussi.
Mais que je pourrais le faire.
Et si je vous
rends ce regard, que va-t-il se passer ?
24 septembre 2014
Faute d'accord
Quand nous
sommes allés manifester, plutôt contre les contre mais avec les pour, j’en
avais parlé à mon camarade de marche, plus concerné que moi par la loi du
mariage pour tous.
-
Tu
vas voir, bientôt, ce sera notre tour de prendre des tomates dans la tête. Pas
parce que tu es homo, ou parce que je suis une femme. Mais parce que nous
sommes célibataires. Les anormaux, demain, c’est nous.
- Tu divagues.
Peut-être. Ou
peut-être que lui ne ressent pas cette pression.
Combien de
fois m’a-t-on demandé quand ?
Combien d’encouragements ?
Si, si, tu verras, toi aussi, tu retrouveras l’amour…
Sûrement. Et
j’y compte bien.
Mais là, je n’ai
pas envie.
Je suis
certaine que des wagons entiers d’homidéal me passent sous le nez.
Je suis
devenue paresseuse du cœur.
Et j’ai
toujours été exigeante.
Quand cela en
vaudra vraiment la peine, je retournerai jouer dans cette farce, et je
replongerai dans ce fleuve boueux où on s’aime et on se déchire.
En attendant,
si cela peut vous aider, pensez que je suis une lesbienne refoulée, vous vous
montrerez plus tolérants. Parce que je peux compter sur les doigts d’une seule
main les personnes de mon entourage qui ne s’attristent pas sur mon choix de
célibat.
Et vous savez
le pire ? Je suis très heureuse. Seule.
22 septembre 2014
Conjugo
-
Ma femme
ne s’intéresse qu’à nos enfants, à sa maison, à sa petite organisation. Parfois
je me dis qu’elle passe plus de temps avec son aspirateur qu’avec moi.
- On
s’use, tu sais. Bien sûr, nous nous aimons, ni l’un ni l’autre ne se verrait
vivre seul. Mais voilà, maintenant que nous avons réalisé tous nos projets, où
sont passés nos élans ?
-
C’est la
personne la plus intéressante que j’aie jamais rencontré. Mais un jour, nous
aurons une engueulade de trop et nous nous séparerons.
-
C’est la
mère de mes enfants et je l’ai profondément aimée. Mais aujourd’hui, ce n’est
plus trop ça. Simplement, je ne peux pas la quitter.
-
Elle ne
m’a pas laissé la toucher depuis des mois. Je crois que je l’aime encore et je
suis affamé d’elle, assoiffé de tendresse.
-
Je l’aime
profondément, mais ces histoires me les brisent menu. Demain, je n’irai pas
travailler. C’est la première fois que je fais ça.
-
Je n’en
peux plus de ses reproches. Jamais rien ne va. Quand je suis absent, elle dit
que je la fuis, quand je suis là, elle me fait la gueule.
Et toi,
pourquoi tu ne refais pas ta vie ?
Amis,
amants, vos amours sont des cages, des planches à clous, des purges.
Je
sais bien, souvent, que vous ne me présentez que les maladroits dédouanements
de votre adultère.
Je
sais bien que, dans l’idée de m’épargner, vous ne vous hasardez pas à me
laisser entrevoir les tendresses que vous éprouvez pour vos compagnes.
Je
constate que je suis un bon pansement, une médecine efficace de vos soucis, une
distraction de vos ennuis.
Une
chose est sûre, aucun d’entre vous ne me fait conjuguer le bonheur et l’association
de deux personnes.
15 mai 2014
In love
-
C’est
bon, on peut y aller.
Mon amoureux veut venir à la maison. C’est
un peu normal. Et je serai ravie de l’y accueillir aussi souvent qu’il le
souhaitera.
-
Oui,
j’ai dit à Maman que je viens chez toi. J’ai pris mon dinosaure, j’ai fait des
bisous, on y va.
-
Comme
ça ?
-
Tu
veux que je prenne aussi ma brosse à dents ?
A trois ans
et demi, on ne s’embarrasse pas de détails. Il y a des jours où je trouve qu’il
a bien raison.
12 mars 2014
Les dulcinées
Viking n°1 s’est
déclaré, le jour de la Saint-Valentin, à L. suscitant l’admiration de ses
copains, jusqu’à sa prof d’allemand (qui l’a encouragé).
Viking n°2
(12 ans) en est à sa troisième petite copine. Motif : il aime bien les
embrasser, mais n’est pas fan des corrélats. Pour lui, tenir la main, c’est
remorquer un poids mort.
Je n’ai rien
dit. J’étais comme lui. Je le suis encore. Mais s’il ne s’en rend pas compte,
il faudra que je l’avertisse que ce type de comportement comporte l’avantage et
l’inconvénient d’un fort turn-over.
4 mars 2014
Un chant d'amour est toujours un chant d'amour
Je prends l’escalator
d’un pas pressé, impatiente de quitter les couloirs lépreux de cette correspondance.
Et du regard, j’envisage devant moi deux personnes côte à côte qui me barrent
le passage. Ce sont deux jolies jeunes filles. Elles s’embrassent en riant, se
font de chastes mamours sur les marches automatiques. Je ralentis ma course et
m’arrête à bonne distance. Je ne suis pas assez en retard pour qu’elles n’aient
pas le temps de s’aimer*.
* merci, F. pour ce bel album !
13 février 2014
Saint quoi ?
-
Vendredi
prochain, c’est la Saint Valentin. Il va falloir que tu offres des chocolats.
-
Toi
aussi.
-
Non,
moi je suis fauché, et en plus, je suis radin.
La petite
peste rousse trépigne à côté de moi, cherchant une vacherie à glisser. Je le
devance.
-
Si
tu ne peux pas offrir de chocolats, tu peux faire une gentille carte. Je
fournis le matériel.
-
Non,
ce n’est pas la peine. Il vaut mieux qu’elle ne prenne pas d’habitudes.
12 ans, une
amoureuse et déjà rustre…
24 octobre 2013
Epitaphe
Quand je
parle de mon ex-mari, je n’exprime pas de ressentiment.
Va, je ne le
hais point.
Quand je l’ai
rencontré, ce n’était pas une aventure qui s’offrait, l’affaire de quelques
semaines ou de quelques mois comme j’en avais connus d’autres. Pas un transport
furieux sur des flots passionnés, pas un éblouissement des sens, pas un
bouleversement de l’intellect. Pas un de ces tours de manèges qui vous chamboulent de fond en comble. Il me plaisait. Je n’avais pas la moindre envie,
à ce moment-là, de me projeter plus loin que le bout de l’année universitaire,
mais cet homme me ravissait et je savais, en le contemplant, qu’il faudrait
tout prendre d’un bloc. Lui, tout entier, du bout des orteils aux tréfonds de
l’âme. Et partir pour un long voyage, une histoire en profondeur et en avenir.
Les deux ans
que nous avons passé à nous séduire et à lanterner étaient nécessaires pour que
j’aie envie de me livrer, pieds et poings liés, à cette équipée. Il fallait que
je me damne quelques dernières fois pour acheter ce conformisme total que je
voyais poindre. Couple, projets, enfants.
J’ai eu peur,
j’ai renâclé, j’ai hésité. Dès les premières semaines de notre engagement, ce
poids au fond de lui, cette grisaille, cette tristesse m’ont effrayée. Je
l’aimais, et le prix à payer pour vivre à ses côtés me semblait déjà bien
lourd. Je me suis longuement demandé, alors même que je serrais ses angoisses
dans ma tiédeur, si j’aurais la patience et la douceur de l’aider à porter ce
fardeau.
Je ne me suis
pas trompée et je ne regrette rien. Il a dans ma vie et définitivement, une
place qu’aucun homme n’occupera.
Je l’ai
épousé. Avec lui, j’ai eu envie d’avoir des enfants. Nous en avons eu trois,
magnifiques, évidemment. Quand je le regarde aujourd’hui, je suis heureuse de
constater qu’il est bel homme, qu’il est intelligent et drôle. Pas parce que je
suis fière d’avoir partagé sa vie, mais parce que ses fils sont son reflet
lointain. Comme je suis contente de partager parfois son humour et son esprit.
Il élève mes trois vikings, ils en profitent aussi.
Je l’ai aimé.
Mais pas
assez pour entretenir le jardinet de notre pavillon de banlieue.
Je l’ai aimé.
Mais pas
assez pour lui donner les moyens d’être heureux.
Je suis
heureuse et libre. Je n’ai pas étouffé avec lui, parce que je brassais assez d’air
pour me donner l’illusion d’avoir la place de respirer. Je n’ai pas su me
contenter de notre existence petite bourgeoise en province. Il y n’a pas assez
d’inaction, de paresse, de stase en moi pour acheter cette paisible torpeur. Si
j’avais pu, nous aurions vieilli satisfaits de nous et du monde entier.
Je ne pensais
pas vraiment que notre histoire s’arrêterait comme ça. Quand il a trouvé de la
tendresse dans d’autres bras, je l’aimais encore assez profondément pour
accepter son bonheur comme il le vivait. J’aurais pu vivre ainsi des années
dans son ombre. Je ne l’ai jamais trompé, et je suis incapable de lui en
vouloir de m’avoir échappé. Il ne m’a jamais appartenu.
Mon amour, sa
cage.
Son amour, ma
rage.
Je n’ai pas
de rancœur, pas de colère, pas de haine. Je m’agace d’affronter tout ce qu’il y
a de rigide et d’intransigeant en lui, mais je n’ai pas de ressentiment. Je lui
suis reconnaissante, au fond, de m’avoir permis de vivre tout cela. C’était une
belle histoire. Il reste encore en moi assez d’une vieille tendresse et
suffisamment de respect pour trouver que le père de mes enfants est un type
formidable pour eux.
J’ai aimé,
j’aime et j’aimerai. D’autres gens, autrement. Il ne sera peut-être pas la plus
longue de mes histoires (mais là, il y a de moins en moins de marge, il va
falloir que je me dépêche), il n’est pas celui que j’ai le plus aimé (à ce
jour, et je reste ouverte à toute possibilité), il n’est pas celui qui me
manque le plus (cette sensation d’être amputée d’une personne entière
s’estompe, mais depuis bientôt vingt-cinq ans, il était temps), il n’est pas
celui que je regrette (toutes ces occasions manquées avec des wagons de Princes
Charmants, tout ça parce que je suis incapable de dormir paisiblement ou de
perdre une grolle …) Il est juste l’homme que j’ai épousé, avec qui j’ai passé
douze ans de ma vie, eu trois enfants (magnifiques, l’ai-je déjà précisé ?)
et dont j’ai divorcé. Laisse-moi donc en parler avec détachement, toute autre
option est bien trop déchirante.
15 mai 2013
Après l'amour
C’est dans
ces sujets que je reconnais que je ne fonctionne pas comme tout le monde, que
mes aspirations sont autres, que mes repères sont ailleurs. Nous en parlons longuement, parfois.
Alors non,
quand on a partagé une certaine intimité, quand on a échangé et des mots et des
caresses, on ne se quitte pas en claquant une porte, on ne se dit pas adieu en se détestant. Quand il est temps de tourner cette page, de faire,
comme disait Barbara, de l’autre ses « plus beaux souvenirs », on
ne hait pas, on dit merci pour ces doux moments, merci pour cette fièvre, merci
pour ce que tu as apporté à ma vie. Merci pour l’empreinte que tu
as laissée, merci pour ta confiance et pour cette part de toi que tu m’as
livrée, que j’ai accueillie. Je ne sais pas faire la guerre. On ne fait la
guerre qu’en dernier ressort. Et moi je n’ai jamais atteint ce dernier ressort.
Je suis incapable de considérer l’autre comme mien, d'être vexée ou encore blessée de son départ. Les autres ne sont pas à moi, pas même mes enfants, appelés plus souvent « les vikings » que MES enfants. Ils sont eux,
ils me sont raccordés pas le plus solide des liens, mais ils ne m’appartiennent
pas.
D’amours en
draps de fortune, j’ai parfois été déçue, souvent volage. Je devine dans
certaines histoires arrêtées que mon investissement n’était pas
assez profond. Mais l’autre ne m’intéresse pas s’il s’enchaine à moi, s’il se
perd en concessions. Il m’intéresse libre et entier, avec ses failles
auxquelles je ne remédierai pas, il m’intéresse comme il est, pas comme il
aspire à devenir pour se conformer. A cela, je devine aussi que la vie de couple n’est pas pour
moi. Car ce que je demande à l’autre, sa liberté et son intégrité, vaut pour
moi. Je ne suis pas révolutionnaire, mais je ne sais pas me plier à ces
mesquines concessions qui ruinent l’âme. J’ai essayé, sincèrement, croyant que
cela en valait la peine. Et puis j’ai levé la tête un jour, en me disant que je
ne voulais pas de cette vie-là, que le prix à payer était trop élevé, que je ne
me coulerais pas dans ce moule.
Je suis
heureuse que le père des vikings ait trouvé la femme qu’il fallait pour vivre
la vie dont il rêvait. Je sais aussi que son bonheur domestique n’est pas à ma
portée, parce que je ne saurai pas abdiquer sans fin pour le plaisir de trouver
quelqu’un à mes côtés. Je finirai sans doute seule, vieille dame indigne, et je
l’espère démente (ce qui m’évitera de constater que je suis devenue un fardeau
pour mon entourage). La solitude me va bien, puisqu’elle n’est pas faite de ces
sordides arrangements qu’on fait pour la vie à deux. C’est égoïste, j’en ai
conscience.
Et la haine,
l’inimitié, c’est l’autre versant de l’amour, de l’affection. La
rancune, c’est l’expression d’une blessure d’amour-propre. Je suis peut-être
bizarrement structurée, mais de mes amours mortes, je retiens surtout qu’elles
ont existé, que les affinités furent délicieuses, que le désir fut vif, et que
chacun devait poursuivre son chemin. Je n’ai appartenu à personne, et personne
ne fut en ma possession, et quand les routes se séparent, je souhaite souvent,
si j’en ai l’occasion, tous les bonheurs du monde à ceux qui un jour ont
tourné un regard plein de douceur vers moi. Il n’est qu’une seule personne dont l’absence me fait
l’effet d’une amputation. Et comme les amputés, toute sa personne me manque
comme un membre fantôme. Sans regrets ni remords, il n’était rien d’autre à vivre et j'ai tranché
J’ai aimé et j’aimerai encore, mais je ne pourrai jamais reprocher à quiconque
de se détourner de moi, ni le lui faire payer. On ne fait la guerre que pour
avoir la paix. Il n’est pas de paix dans les déchirements d’après l’amour.
6 avril 2013
Shakespeare ou Corneille ?
Tu as
changé, mais moi qui te connais depuis plus longtemps que lui, pas tant que ça.
Les fondamentaux sont présents depuis longtemps.
Alors il
veut quoi ? Que tu craques et que tu t’en ailles pour qu’il puisse tailler des
sapins peinard ? Ou que tu te transformes en super-maitresse de maison et en
épouse modèle ? Dans un cas comme dans l’autre, il s’est trompé de casting. Et
ce n’est pas ce qu’il cherchait, sinon il se serait tourné vers une paisible génisse
femme du cru. Et il s’ennuierait comme un rat mort à côté de sa ruminante.
Il veut
juste le conflit parce qu’après des années de vie commune, il ne lui reste plus
que ça pour exprimer son attachement ? C’est aussi pathétique que Belle du
Seigneur. Sinon, il pourrait te cueillir un bouquet de fleurs des champs, ça le
fait bien aussi.
Votre
huis-clos fait froid dans le dos, ou c’est la fenêtre du salon ouverte sur la
fumée de ma cigarette.
16 mars 2013
I'm so free
15 mars 2013
Bûche de Noël
Je ne comprends pas la violence de vos rapports. Ça te
fait une belle jambe, mais moi qui ai divorcé, je ne comprends pas cette guerre
interne. Pourtant, j’ai vu mes parents se déchirer des années après leur
séparation et je comprends qu’on ait besoin de solder un contentieux. Suite à
de longues discussions avec l’un, j’entends que les blessures
d’amour-propre peuvent être longues à guérir. J’écoute l’autre évoquer les
relations compliquées qu’il entretient avec ses femmes, et je vois bien qu’on
ne se pardonne pas toujours, ou qu’on peut se détester quand on ne peut plus
s’aimer. L’amour et la haine comme deux facettes d’un sentiment fort.
Et plus je réfléchis à tout ça, plus je me fais l’effet
d’une bûche. J’ai trop lu de contes de fées, je sais que le bonheur parfait
n’existe pas, et que Cendrillon meurt d’une overdose à la fin. Et puis le
Prince Charmant ne peut pas m’enlever, ça va faire 25 ans que j’ai mon permis.
Une bûche.
Egoïste, la bûche.
En plus.
Pourtant, j’échange avec d'autres humains et maintenant
que ma vie pas sage devient plus régulière, je goûte de bien connaitre ceux qui
partagent mes draps. Il y a de la tendresse, de la complicité, de la confiance.
Parfois, j’aimerais croiser quelqu’un qui m’éblouisse et qui me manque un peu.
Sans overdose à la fin.
Ma
petite bûche de noël, tu dois conserver ton rang, ton problème n'est pas l'égoïsme
mais l'infini discernement. Il ne me semble pas que rien ne te touche, et tu
voudrais un jour être un peu attachée, et tu le seras, comme tout le monde,
mais nous avons trop appris à décoder les schémas sociaux pour être épatées par
ceux qui nous voudront un jour ou l'autre, gestionnaires de leur quotidien,
bonnes mères, et sages épouses (oui, je vais déjà mieux).
Attachée, c’est une option que je veux bien envisager.
Mais ce ne sera pas avec un anneau.
19 février 2013
Elle est partie en claquant la porte
Je rate toujours tout, je suis un gros nul.
Ce n'est pas ce que tu es, ni comment tu es, qui ne va pas. C'est une partie de ta vie dont tu ne décides pas seul, ce sont des silences quand il aurait fallu dire quelque chose, c'est un regard qui se détourne, un sourire qui n'est jamais monté aux lèvres, un merci qui n'a jamais été prononcé, des projets faits chacun dans son coin, des contraintes qu'on n'avait pas vues et qui paraissent soudain trop lourdes, etc. La liste pourrait être longue. Si jamais... tu auras l'occasion de parcourir de mémoire toutes les failles qui se sont ouvertes entre vous. On ne change pas par amour, on s'adapte, on devient soi, avec quelqu'un, mais on ne devient pas autre.
Alors, quoi que tu fasses et quoi qu'il advienne, il y a toujours des convives autour de la table. Elle, que tu aimes, même si ce n'est pas comme elle le souhaite. Et même si sa chaise se libère, T, A et L, sagement posés le long de la nappe (bon, je ne sais pas comment sont tes enfants, mais les vikings ne tiennent pas en place, même à table, sauf la bouche pleine, et encore), ton père et le reste de ta famille, tes amis. Et tes activités quotidiennes. Oui, je convoque du monde à ce banquet...
Après ? Soit vous êtes parvenus à surmonter cet accident de parcours majeur, soit non. Après, il n'y a toujours pas de fatalité à reproduire les mêmes erreurs, sans fin. Juste l'impérieuse nécessité de repartir de là, quelques cicatrices en plus, les marques de ce que tu as traversé, et les souvenirs aussi, de tout ce que tu as vécu de beau, de bon, de tendre, de doux, d'exaltant. Dans un cas comme dans l'autre, ce ne sera pas facile, et tu pourras te nourrir de toutes tes joies, de tous les bons moments et aller en chercher d'autres.
Ce n'est pas ce que tu es, ni comment tu es, qui ne va pas. C'est une partie de ta vie dont tu ne décides pas seul, ce sont des silences quand il aurait fallu dire quelque chose, c'est un regard qui se détourne, un sourire qui n'est jamais monté aux lèvres, un merci qui n'a jamais été prononcé, des projets faits chacun dans son coin, des contraintes qu'on n'avait pas vues et qui paraissent soudain trop lourdes, etc. La liste pourrait être longue. Si jamais... tu auras l'occasion de parcourir de mémoire toutes les failles qui se sont ouvertes entre vous. On ne change pas par amour, on s'adapte, on devient soi, avec quelqu'un, mais on ne devient pas autre.
Alors, quoi que tu fasses et quoi qu'il advienne, il y a toujours des convives autour de la table. Elle, que tu aimes, même si ce n'est pas comme elle le souhaite. Et même si sa chaise se libère, T, A et L, sagement posés le long de la nappe (bon, je ne sais pas comment sont tes enfants, mais les vikings ne tiennent pas en place, même à table, sauf la bouche pleine, et encore), ton père et le reste de ta famille, tes amis. Et tes activités quotidiennes. Oui, je convoque du monde à ce banquet...
Après ? Soit vous êtes parvenus à surmonter cet accident de parcours majeur, soit non. Après, il n'y a toujours pas de fatalité à reproduire les mêmes erreurs, sans fin. Juste l'impérieuse nécessité de repartir de là, quelques cicatrices en plus, les marques de ce que tu as traversé, et les souvenirs aussi, de tout ce que tu as vécu de beau, de bon, de tendre, de doux, d'exaltant. Dans un cas comme dans l'autre, ce ne sera pas facile, et tu pourras te nourrir de toutes tes joies, de tous les bons moments et aller en chercher d'autres.
14 février 2013
Dr Love
Tu calques ton attitude sur la sienne. Tu le dis indifférent,
lointain, et tu le lui « rends ». Eh oh ! Ya quelqu’un ? Je veux
dire, dans ta tête, il y a une personne à part entière ? Quelqu’un qui exprime
ses sentiments, ses émotions ? Ce qui me peine le plus dans votre relation,
c’est qu’elle est très fusionnelle (oui, je sais, tu vas avoir du mal avec ça),
et que vous paraissez parfaitement incapables de vous parler. Je sais, c'est un
ours, et il n’a pas l’envie de vivre en toute transparence. Alors n’attends pas
qu’il te parle de ses émotions ou de ses sentiments. Mais toi ? Toi, tu n’es pas
comme ça. Son indifférence, sa mise à distance te peinent,
t’irritent ? Ben tu lui dis, et tu n’attends surtout rien d’autre que d’avoir
porté à sa connaissance ce fait. Tu lui dis et tu passes à autre chose. Voilà,
c’est comme ça, ça me gêne, ça m’agresse, ça me rend triste, je ne te demande
rien, mais j’ai besoin de te le dire.
NB : les consultations du Dr Love sont réservées à mes proches. N'insistez pas, si je me reconvertis, ce sera comme coach culturel, j'organise déjà des visites incongrues du Louvre.
NB : les consultations du Dr Love sont réservées à mes proches. N'insistez pas, si je me reconvertis, ce sera comme coach culturel, j'organise déjà des visites incongrues du Louvre.
12 février 2013
Savonnette
Moi, ça m’a toujours paru absurde de faire dépendre toute vie sexuelle et toute
affection d’une seule et même personne, surtout sur le long terme. Aucun corps
ne m’a jamais appartenu, et j’ai toujours considéré comme normal que l’intéressé
en fasse ce qu’il souhaite, si cela lui fait plaisir. Je sais aussi que tu ne
partages pas.
Fermer les yeux ne sert à rien, mais les ouvrir, c’est stupide. Je ne comprends pas ceux qui tiennent à poser sur la table leurs incartades. Ce n’est que la manifestation d’une culpabilité.
Les adultères sont d’une hygiène irréprochable. Ils sentent le savon frais, la douche prise en hâte, le nettoyage complet. J’en ai connu un qui trimballait le même savon qu’à la maison. Ben oui, le gel douche à la pivoine ou à la fleur d’oranger, c’est repérable.
Fermer les yeux ne sert à rien, mais les ouvrir, c’est stupide. Je ne comprends pas ceux qui tiennent à poser sur la table leurs incartades. Ce n’est que la manifestation d’une culpabilité.
Les adultères sont d’une hygiène irréprochable. Ils sentent le savon frais, la douche prise en hâte, le nettoyage complet. J’en ai connu un qui trimballait le même savon qu’à la maison. Ben oui, le gel douche à la pivoine ou à la fleur d’oranger, c’est repérable.
Inscription à :
Articles (Atom)