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16 décembre 2018

Matin magique/Magic morning

- J'enfile mon collant et je disparais.
- C'est un collant magique ?

- I put my tights on and I'm away.
- Your tights are magic?

22 octobre 2018

A la place du cœur/A place in my heart

Vous m'avez accompagnée depuis que j'ai quitté mon anneau. Vous avez réjoui ma chair, partagé mes rires.
Vous avez pris de mes nouvelles quand mon lit n'accueillait plus que des douleurs et pas vous.

Merci de m'avoir dit que vous n'aurez pas d'autre maîtresse. Ce n'est pas vrai, et je vous souhaite des attentions aussi soutenues que le furent les miennes.
Merci de cette amitié, maintenant que nos peaux se font étrangères, cela dit bien que nos esprits sont frères.
Merci de votre tendresse et de votre constance. On nous dit volages, nous ne nous sommes jamais fait défaut.
Merci de tout ce que vous avez posé de beau sous mes yeux, dans mes oreilles et sous mon front.
Merci pour les joies que vous m'avez offertes, en collier, pour ces perles de rires et les pépites de vos phrases.
Nous avons échangé plus que du plaisir, il en reste quelque chose.

You went with me since I left my ring. We enjoyed each other and shared laughes.
You ask for news when my bed was full of hurting flesh, and empty of you.

Thanks for telling me you won't have another mistress. It's not true, and I wish you attentions as intense as mine were.
Thanks for your friendship, now our skins become strangers, it tells our spirits are brothers.
Thanks for your tenderness and your consistency. They say we're fickle, we've never disappointed each other.
Thanks for all the beauty you put under my eyes, in my ears, and on my forhead.
Thanks for joys you gave me, like a necklace, for these laughes like pearls, for these words like gems.
We shared more than pleasure, there's still something to take, here.

16 octobre 2018

De proche en proche/

- On va à la piscine ?
- OK.

- il y a un film qui sort sur Marie Stuart, on va le voir ensemble ?
- OK.

- tu es allée chez le coiffeur ?
- oui.
Mais il ne m’a même pas fait payer pour trois coups de ciseaux, et personne d’autre dans mon entourage ne l’a remarqué. Tes attentions sont pleines de charme. Vraiment. J’ai hâte d’aller au cinéma avec toi.

- let’s to to the  swimming-pool.
- OK.

- there’s a movie on Mary Stuart’s life, se should go and watch it.
- OK.

- you went to the hair-cutter.
- yes.
And he didn’t make me pay for three cuts and nobody else around me took notice. Your attentions are full of charm. Really. I’m eager to go to the cinema with you.

24 août 2018

La rencontre/the mating

En vacances à la plage et chez la reine mère, je vais porter les encombrants à la déchetterie avec mon frère : la vieille rambarde rouillée, le portail qu'on a changé...
Deux employés nous indiquent dans quelle benne déposer nos fardeaux, et nous aident à vider la remorque. Le type qui vidait des cartons à côté de nous vient se joindre au mouvement.

- elle est bien séduisante, la petite dame.
Mon frère :
- je suis bien d'accord avec vous. Je ne dirais pas ça si c'était ma femme. Ou je ne lui dirais qu'à elle. Mais là, c'est ma sœur.

A partir de là, tout est allé très vite. Le vidage de la remorque, les présentations, la demande de mon numéro de téléphone...
Mon frère, mort de rire, m'a laissée gérer tout ça.
En Tunisie, il m'avait promise en mariage pour trente chameaux.

On holidays at my mother's place by the sea, I 'm heading the waste recycling center with my brother to throw away an old rusty barrier, a replaced portal...
Two staff members show us where to put our burden, and help us to empty the trailer. The man who was throwing away cardstock beside us comes to help too.

- the lady is quite attractive.
My brother:
- I agree. I wouldn't say it out loud if she was my wife. Or I'll tell only to her. But the lady is my sister.

Then, everything went fast. Eptying the trailer, introducing our helper, asking my phone number...
My brother, laughing, let me deal with it.
In Tunisia, he made an agreement for my wedding for thirty camels.

8 mars 2018

Droit au but/To the goal

Elle s'est inscrite sur un site de rencontres pour voir, en plein échec de son couple pourtant stable pendant trois lustres.
- vous êtes ouverte d'esprit ?
- oui.
- pratiquez-vous le pegging ?
- ??? on peut pas discuter avant pour faire connaissance ?

She suscribed on a date site to see, when her weeding wrecked after fifteen years.
- Are you open-minded ?
- yes.
- do you practice pegging ?
- ??? can't we have a chat before, to know each other ?

16 février 2018

Cougar. Ou pas/Cougar. Or not

- Je t'invite.
Et je paie nos cafés. Il fait un sourire gêné.
- C'est que ça me fait drôle de me faire entretenir par une femme à peine plus âgée que moi.
Petit con.

- I'm paying.
And I pay for our coffees. He has an awkward smile.
- I feel weird the woman who keeps me is only few years older than me.
Young idiot.

14 février 2018

Binocles/Glasses

- J'aime bien vos lunettes, ça me rappelle ma prof d'anglais.

Je scrute mon interlocuteur à travers des verres progressifs hors de prix. En cette période de carnaval, il y a plus spectaculaire à mater que mes lunettes, d'une banalité stricte.

- ça vous va bien, vous les portez pour quoi ?
- Pas pour ressembler à une prof d'anglais. Pour voir.
- Me voir ?
- Si possible, non.

- I like your glasses, they remind me my english teacher.

I examine the man speaking through expensive progressive lenses. It's carnival time, so there's much more remarkable wearings to look at than my common, even sober, glasses.

- They suit you, why do you wear them?
- Not to look like a n english teacher. To see.
- See me?
- If possible, no.

30 janvier 2018

Le dernier regard/Last glance

ça n'a pas l'air de marcher, ce rendez-vous. Elle tripote la paille dans son breuvage d'un vert inquiétant, mais elle n'a pas l'air de succomber. Et toi tu n'y crois plus. Pourtant absorbée dans la conversation que j'ai à côté de vous, je ne peux pas manquer les regards que tu me jettes.
Et puis, raté pour raté, vous mettez fin à cette épreuve commune. Tu l'aides à mettre son manteau en me regardant encore. Ton dernier coup d’œil est avalé par la bouche de métro.
Moi j'étais en bonne compagnie.

I doesn't seem to work, this date. She's playing with her straw in her weird green drink, but she doesn't seem to fall for you. And you don't believe it will work anymore. Even if I'm all in the conversation I have near you, I can't miss your glances. Then, as it failed, you end up this date. You help her with her coat, still glancing at me. You last gaze disappears in the stairs of the subway.
I was in good company.

1 septembre 2017

La journée de la jupe/The day of skirt

- Parfois, tu mets des jupes.

- Et parfois, tu croises les jambes.

- ça n'a pas l'air de te gêner que je regarde tes cuisses.

- Et je suis obligé d'avouer que parfois, ça me déconcentre. Remets tes jambes sous ce bureau, que je puisse me concentrer.

ça marche, au boulot.



- Sometimes, you are wearing skirts.

- And sometimes, you cross your legs.

- It doesn't seem to bother you I look at your thighs.

- And I must confess it is distracting. Put your legs back under this desk so that I might be able to focus.

Done, let's work.

9 mai 2015

This is the end

Tu m'avais affirmé que je ne connaissais pas la fin de notre histoire.

En fait, si.

Quand on termine une histoire, on en écrit la fin.

Je crois que j'ai été assez veule pour que tu ne me regrettes pas longtemps. Et comme tous les amants déçus, tu me porteras avec joie au bûcher de tes souvenirs.

5 avril 2015

Fauve (billet censuré)

J’apprécie ton esprit, ton humeur vaillante et enjouée. J’ai aimé poser mes mains sur toi, susciter tes silences et tes soupirs. J’ai joué avec tes frissons. J’ai goûté chacun de tes naufrages et cueilli tous tes derniers souffles. J’ai senti vibrer tes membres, aspiré tes acmés, avalé les mânes de tous tes orgasmes.

Tu penses à moi. Tout le temps. Tu me le dis à longueur de messages. Tu ris de bonheur en entendant ma voix.

Je suis là pour toi, tu me le fredonnes le soir. Je suis là pour toi, parce que tu en as décidé ainsi. Tu roules sous ta langue, en mots échevelés, les maigres souvenirs de nos emmêlements. J’entends le ronronnement passionné de contentement au bout du fil. Tu feules de bonheur, je t’imagine rouler sur le dos, fauve domestique abandonné à son obsesion. Je t’écoute et je te lis beaucoup, puisque je suis loin. Tu réclames ta dose, ta dose de moi, tous les moments que je te dois. Et tu me le roucoules et tu me déclames.

Quand je me penche sur toi, je ne vois plus que des abîmes.

Je te promets de rester douce, et de rester bienveillante. Ce ne sera pas facile, je sais que je suis ta seule distraction. Je vais m’éloigner doucement de tes gouffres. Tu ne sentiras rien, c’est promis. Juste la fugace installation d’un ennui entre nous. Je sais mieux décevoir que combler.

26 décembre 2014

Le nœud du problème

Nous ne nous connaissons pas si bien que ça.

Rien en tout cas ne m’explique ce besoin que tu ressens de me confier tes envies, qui impliquent, outre ma participation enthousiaste, des bas de soie, beaucoup de nœuds (ordinairement, un seul me suffit mais passons) et ton basculement de la fidélité la plus absolue au plus brûlant des adultères.

Et je m’interroge. Etait-il bien raisonnable de balancer tout ça sur ma messagerie professionnelle ?

19 mai 2014

L'art de la guerre

On fait connaissance, on se frôle, on se flaire même. On s’explore.

Tu vas sur des terrains risqués, tu te mets sur le fil, sur la lame, les bras tendus pour garder l’équilibre. Tu suis mon regard et mes mots sur la tranche de connaissances dont je te fais profiter. Tu places dans la corbeille ce qui t’appartient et dont tu me nourris.

On avance, pas à pas, on se tâte, on se touche.

Les méandres compliqués de tes phrases m’ouvrent d’autres horizons. Va ton chemin, je te rattrape, je te suis, je te précède parfois. J'aime que tu prennes tous les risques, que tu te livres.

On se découvre, on se délie et on se déballe. On se déshabille un peu.

Il ne manque qu’un début à cette histoire. Pourtant, tu sais comme moi qu’elle a déjà commencé.

22 mars 2014

Don't play it again, Sam, just don't

Texto : « tu vois, je pense à toi. »

Je vais te livrer un lourd secret : je m’en fous.

Que tu ne te rendes pas à l’évidence d’un refus démontre une grande obstination de ta part. Et une certaine stupidité. Le monde est vaste, la moitié de l’humanité est de sexe féminin. Ça fait quand même un vaste terrain de jeux, non ? Va jouer ailleurs. Sur l’autoroute, par exemple.

8 mars 2014

Coup de foudre

Baiser rend parfois stupide. A ce point-là, on frôle le record du monde de lavage de cerveau.

Mais tu m’as facilité la vie en me traitant de garce dominatrice. Ça m’évite de sortir mon argument fatal à toute liaison et de péter au lit.


So long, men, cette très brève aventure aura été pathétique du début à la fin.

24 février 2014

Du bon côté du manche

Cher collègue,

Que tu veuilles beaucoup de bien à mes fesses, et avec une telle constance depuis des années n’est pas fait pour me choquer.

Tu es un homme agréable, et j’aime beaucoup discuter avec toi.

Mais je n’ai pas de mots aimables pour tes avances.

Tu me trouves à ton goût, piquante et drôle, intéressante et attirante.

J’apprécie l’hommage.

C’est tout.

L’estime toute professionnelle que j’ai pour toi s’arrête à la porte du bureau.

Tu te doutes un peu que l’adultère que tu entends commettre avec moi ne restreindrait pas mes élans. Seulement, rien ne me pousse vers toi, qu’une vague sympathie, née des galères affrontées ensemble.


Il va falloir que tu tiennes compte de mes avertissements. Tu n'es pas du bon côté de la cravache.

11 février 2014

Sine toi, non

De mon silence, entrecoupé de tes rares apparitions sur l’écran de mon mobile, je cherche d’autres voix, d’autres voies.

Il fait bon ici, dans la chaleur du feu, calée dans ce grand canapé. Il ne manque que toi. 

12 janvier 2014

Au temps suspendu

Je voudrais que tu me déranges parfois. Que tu secoues la torpeur hivernale où je me réfugie.

Tes rares manifestations sont la condition sine qua non de mon éveil.
Ou pas.


A force de t’attendre et de t’oublier à la fois, il se passera bien un printemps.

2 janvier 2014

Riens

Silence radio.

Il fut un temps où nous avons échangé des centaines de messages, parfois de quelques mots. C’était drôle et excitant, tes irruptions dans ma vie occupée.

Mais là, rien.

A défaut d’être sage, je suis fidèle à ma ligne de conduite et je reste dans l’ombre. Et le silence.

Toi aussi.

Je passe mon temps à t’attendre et le reste à t’oublier.


Ce n’est pas vraiment la saison pour les papillons. Et pour les chimères ?

26 décembre 2013

Mis au point

Je n’ai plus de mots, je n’ai plus tes mots. Des mots doux, sucrés, tranchants.

Je n’ai pas ta photo, tu l’as donnée. Remarque, ce n’est pas en peinture que je te veux. Ni en phrases. Ni habillé* .

Moi je n’ai pas de liste. Mais à partir de demain, j’ouvre un agenda.


Je t’…….. Je te l’ai déjà faite, celle-là.



*cette chanson n’est pas sur la toile, trop ancienne, pas assez connue, sans succès, mais je donne volontiers les références du CD. Toi, ce n'est pas la peine, tu l'as déjà.