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4 mars 2018

Non/No

A la sortie d’un concert, l’amant décida de conjuguer exclusivement sa félicité où elle commença. C'était son dernier non.
Je suis ma propre Cassandre. J’avais deviné cette charade. Je n’ignorais que le moment.
Fin d’un génial épisode.

Prends-moi dans tes bras maintenant, mes mains sont vides.

At the end of a concert, the lover decided to  conjugate his happiness where it began. He said no one last time.
I am my own Cassandra. I guessed this riddle. I just didn’t know when.
End of a brilliant period.

Now take me in your arms, my hands are empty.

2 mars 2018

Dis-moi/Say it

- Lundi, c’est compliqué.
- Dis-moi non.
- J’ai une réunion, l’employé du gaz le soir à la maison.
- Je peux venir après, il ne va pas passer la soirée avec toi. Ou dis-moi non.
- Non.

Ton refus donne de la valeur à toutes tes acceptations. Dis-moi non.

- On monday, it’s complicated.
- Say no.
- I have a meeting, then gas worker at home during the evening.
- I’ll come later, he won’t spend the evening with you. Or say no.
- No.

Your refusal is making every acceptance more precious. Say no to me.

10 février 2018

Fair play/Good sport

Jusqu'ici, j'ai été fair-play, et j'ai voulu que tu tombes dans mon sourire plutôt que dans mon décolleté, mais là, il va falloir plonger.
Je vais t'aider.

Until now, I played fair and wanted you to fall in my smile instead of my cleavage. But now, it’s time to surrender.
I’ll help you.

14 janvier 2018

Commérages/Gossips

Je discute avec mon collègue :
- Tu savais que j'avais eu une liaison avec M ?
- Non, c'était bien ?
- Aucune idée, on ne m'a pas donné les détails.
- Et c'était il y longtemps ?
- Aucune idée non plus.
- Un peu comme mes liaisons avec X et Y, alors.
- Voilà.


I'm chating with my coworker :
- Do you know I had an affair with M?
- No, and it was nice time?
- I don't know the details.
- How long ago?
- No idea either.
- So, it's like my own affairs with X and Y.
- Indeed.

5 avril 2015

Fauve (billet censuré)

J’apprécie ton esprit, ton humeur vaillante et enjouée. J’ai aimé poser mes mains sur toi, susciter tes silences et tes soupirs. J’ai joué avec tes frissons. J’ai goûté chacun de tes naufrages et cueilli tous tes derniers souffles. J’ai senti vibrer tes membres, aspiré tes acmés, avalé les mânes de tous tes orgasmes.

Tu penses à moi. Tout le temps. Tu me le dis à longueur de messages. Tu ris de bonheur en entendant ma voix.

Je suis là pour toi, tu me le fredonnes le soir. Je suis là pour toi, parce que tu en as décidé ainsi. Tu roules sous ta langue, en mots échevelés, les maigres souvenirs de nos emmêlements. J’entends le ronronnement passionné de contentement au bout du fil. Tu feules de bonheur, je t’imagine rouler sur le dos, fauve domestique abandonné à son obsesion. Je t’écoute et je te lis beaucoup, puisque je suis loin. Tu réclames ta dose, ta dose de moi, tous les moments que je te dois. Et tu me le roucoules et tu me déclames.

Quand je me penche sur toi, je ne vois plus que des abîmes.

Je te promets de rester douce, et de rester bienveillante. Ce ne sera pas facile, je sais que je suis ta seule distraction. Je vais m’éloigner doucement de tes gouffres. Tu ne sentiras rien, c’est promis. Juste la fugace installation d’un ennui entre nous. Je sais mieux décevoir que combler.

1 février 2015

Charade

Un caramel.

Deux chiffres entre nous. Autant qu'en compte une vie de Viking.

Étonnamment plus de sel dans ses cheveux noirs que dans les miens.

Je cherche mes mots, le croirais-tu ? Et je parle moins vite. Nous emmêlons nos accents si peu britanniques.

Charade, ma douce, ne t'emballe pas. Charade, pas chamade.

22 décembre 2014

Flash

Je trouve que mes seins sont beaux.

C'est vrai, ils sont beaux avec votre tête posée au milieu.

18 décembre 2014

Duty free

Il y avait cette évasion programmée, dûment planifiée. C’était sans compter la redoutable échéance de fin de trimestre : la remise des bulletins et les inévitables échanges avec des profs éreintés par l’agitation permanente qui s’empare de vikings. Et c’est mon tour. J’aurais pu esquiver, et envoyer le père des enfants, déjà lourdement chargé _ rappelons qu’il a choisi d’avoir une équipe de basket à la maison. Mais je suis une femme de devoir quand il s’agit de ma progéniture.


J’y suis allée, entendre que mes rejetons sont de purs délices intellectuels et éducatifs et une vaste faillite en termes de discipline. Soit. Le fait que je me tortille sur ma chaise n’a rien à faire avec les propos des profs. 

Je suis une femme de devoir, mais après, j’ai rendez-vous avec des câlins. 

22 septembre 2014

Conjugo

-          Ma femme ne s’intéresse qu’à nos enfants, à sa maison, à sa petite organisation. Parfois je me dis qu’elle passe plus de temps avec son aspirateur qu’avec moi.

-     On s’use, tu sais. Bien sûr, nous nous aimons, ni l’un ni l’autre ne se verrait vivre seul. Mais voilà, maintenant que nous avons réalisé tous nos projets, où sont passés nos élans ?

-          C’est la personne la plus intéressante que j’aie jamais rencontré. Mais un jour, nous aurons une engueulade de trop et nous nous séparerons.

-          C’est la mère de mes enfants et je l’ai profondément aimée. Mais aujourd’hui, ce n’est plus trop ça. Simplement, je ne peux pas la quitter.

-          Elle ne m’a pas laissé la toucher depuis des mois. Je crois que je l’aime encore et je suis affamé d’elle, assoiffé de tendresse.

-          Je l’aime profondément, mais ces histoires me les brisent menu. Demain, je n’irai pas travailler. C’est la première fois que je fais ça.

-          Je n’en peux plus de ses reproches. Jamais rien ne va. Quand je suis absent, elle dit que je la fuis, quand je suis là, elle me fait la gueule.



Et toi, pourquoi tu ne refais pas ta vie ?


Amis, amants, vos amours sont des cages, des planches à clous, des purges.

Je sais bien, souvent, que vous ne me présentez que les maladroits dédouanements de votre adultère.

Je sais bien que, dans l’idée de m’épargner, vous ne vous hasardez pas à me laisser entrevoir les tendresses que vous éprouvez pour vos compagnes.

Je constate que je suis un bon pansement, une médecine efficace de vos soucis, une distraction de vos ennuis.


Une chose est sûre, aucun d’entre vous ne me fait conjuguer le bonheur et l’association de deux personnes.

29 juin 2014

Don't play it again, Sam, wtf, don't

-          Tu n’es plus fâchée ?

Si, je suis toujours fâchée. Ou pas. Je n’ai pas éprouvé pour toi un attachement suffisant pour dépasser le stade d’une brève colère et t’en vouloir. En fait, tu ne mérites pas la moindre pensée de ma part, fut-elle négative. Dès lors, je t’ai sorti de mon esprit, hormis comme le vague souvenir d’un manque de jugeote de ma part. Il est vraiment dommage que tu prennes une indifférence polie pour de l’affabilité. Mais c’est assez cohérent avec le reste. Et aussi désastreux. Deux ou trois parties de jambes en l’air ne font pas une histoire d’amour, et je n’ai pas la reconnaissance du ventre. Ou tu peux considérer que nos emmêlements ne furent pas assez mémorables pour faire vibrer le moindre muscle.


Il est des amants qui ont laissé la cicatrice de leurs caresses sur ma peau, dont l’absence est un regret, dont le souvenir m’est doux. Ils n’étaient pas plus princes charmants que je ne suis princesse. Mais ils m’ont toujours traitée comme une reine. Pas toi.

9 décembre 2013

Scottish way of life

En Ecosse, il semble nécessaire de préciser certaines choses :

-          Pas de mayonnaise,
-          Pas de Nutella,
-          Pas d’huile,
-          Pas de beurre, ni de margarine,
-          Pas de crème fraiche,
-          Pas de beurre de cacahuète,
-          Pas de tapenade,
-          Pas de fromage à tartiner,
-          Pas de pâté,
-          Etc…


Sur les capotes françaises, il est juste précisé de ne pas utiliser de corps gras comme lubrifiant.

13 mai 2013

Traces

Tu m’as laissée dans ma maison vide, où le chat passe, élégante silhouette en blanc et cannelle. Tu m’as laissée le corps tremblant et encore ému, les membres frémissants.  Ma bouche sent encore le goût de ta peau, malgré la nicotine. Ma langue vibre encore d’avoir capté ta chair, malgré les bulles. Le cadavre de la bouteille, les deux flûtes sur l’évier, le lit défait, la marque de ton bras sur un coussin du canapé, ton absence se voit encore, se voit déjà. Quelques instants, et toute trace de ton passage se verra effacée, fantôme rare, juste assez rare. Les flûtes rincées et rangées, la bouteille à la poubelle, les coussins remis d’aplomb, le lit accueillant mon sommeil. 

17 février 2013

Zorro

Tu m’apprivoises.

Je t’apprivoise ?
Nous nous apprivoisons.
Comme le Renard et le Petit Prince.
Je reste au bord d’une tendresse dont je me sais à peine capable.
Je ne sais pas combien tu participes à mon équilibre désormais, ni pour combien de temps.
Je ne sais pas si j’évacuerais ton absence d’un haussement d’épaule, d’un sourire las ou si cela me crucifiera.
Je me sais bancale et c’est dans tes bras que je m’assure, parfois. Il faudra que je te le dise, un jour.

16 février 2013

Petites annonces (2)

Cherche femme 35-50 ans, fine et spirituelle, jolie, élégante, cultivée, gourmande et aimant la bagatelle. Vie commune exclue, nombreux voyages, sorties culturelles variées, petits et grands plaisirs. Bail à durée indéterminée, l'intéressé ne se prononce pas sur la pérennité de ses affinités.

Cherche femme 35 ans maximum, disponible et pas trop diplômée, bonne maitresse de maison,aimant les enfants et les animaux.Vie commune exigée, dans un cadre magnifique à la campagne. Bail à durée déterminée, 3 ans ou le temps de faire un autre enfant (prolongation possible de la durée de la grossesse).

N'a pas cherché la mère de son enfant de hasard, croisée pendant des vacances. Femme 30 ans, futile et égocentrique, volontaire et bonne menteuse avec homme crédule et imprévoyant. Bail très précaire, a laissé des traces indélébiles, dont une princesse que son père ne voit pas assez.


9 février 2013

Petites annonces

Cherche homme 35-45 ans, à mi-temps ou moins, agréable à regarder, très intelligent, subtil, avec le sens de l’humour, une bibliothèque fournie et une connexion internet en wi-fi. Les cadeaux ne sont pas nécessaires, voire pas bienvenus (restitution systématique en fin de bail) ni le projet de partager le même lieu de vie.
Bail précaire. Emphytéotique, c'est compliqué à écrire, et beaucoup plus compliqué à vivre. Et puis ça dépasse largement nos espérances de vie.


A cherché homme 45-60 ans, humble, terriblement humble, subtil, drôle, une bibliothèque fournie et prudent à l'égard des technologies blue tooth... Généreux mais pas gâteux, bien élevé : sait s'essuyer la bouche entre deux gorgées de bon vin _ très bon, sinon se contenter d'eau _ et attendre fort patiemment une longue et discrète déglutition avant une nouvelle dégustation... aimant les longues ballades par moins 10° de préférence à ski et par plus 26° en kayak. De gauche ou catho.
Bail théorique. modélisation préférable.


Cherche femme, jolie, honorable situation professionnelle, indépendante financièrement, sportive et autonome. Aimant cuisiner et s'occuper des enfants, elle est aussi discrète et dévouée. L'intelligence n'est pas requise pourvu que la bêtise ne soit pas ostensible.
Contrat définitif. Possibilité d'intégration. Pas sérieuse s'abstenir.


Cherche femme séduisante, 25-40 ans, à mi temps ou moins, aimant les responsabilités, le théâtre et l'opéra, curieuse de tout, indépendante et libre.
Bail négociable en fonction des affinités.

5 février 2013

Rupture

Relire Sun Tzu.

On peut perdre des batailles et gagner la guerre.

Quand on fait la guerre, c'est pour avoir la paix, et toujours en dernier ressort.

Quand on fait la guerre, c'est pour avoir la paix.

La paix. Mais pour l'avoir, parfois, il faut faire la guerre.

Je suis pacifiste, passifiste, passive.

On peut perdre une bataille et gagner la guerre, et faire cadeau de ses munitions au guerrier édenté qui ne veut pas reprendre ses dons. Les princesses ne rendent pas leurs  bijoux. M'en fous, je suis pas une princesse. N'empêche, elles sont jolies, ses boucles d'oreilles. M'en fous, je rachèterai les mêmes.

Je t'aime, moi non plus, et si je t'aime prends garde à toi. Mouhahaha !




Je lis et relis Sun Tzu. 
Ne fais la guerre que si tu cherches la paix.
Ne campe pas dans une vallée encaissée, à l'ombre, trop propice aux embuscades. 
Trop tard, abdiquer cette fois pour ne pas épuiser les forces de ses troupes et choisir une autre bataille, gagner le lieu et l'heure. Des alliés en altitude.
Boucles d'oreilles, bas de soie galbant des orteils aux ongles soignés ou gore-tex seyant masquant les imperfections d'un prudent décolleté, sourires convaincus. 

I see trees of green, red roses too I see them bloom for me and you And I think to myselfWhat a wonderful world



13 janvier 2013

Champagne

Je me suis laissée convaincre de le laisser passer la nuit chez moi. Il arrive avec une valise (une valise ? Pour une nuit ?) repart à sa voiture, dépose un carton dans l'entrée. Je lève les sourcils (Progéniture n°2 parvient à lever un seul sourcil, mais pas moi).
- C'est quoi ?
- Du champagne.
- Et il y en a combien ?
- Six bouteilles.
- ça fait beaucoup pour la soirée, non ?
- Bah, je viendrai boire les autres plus tard.
- Plus tard ? Au rythme d'une soirée tous les quinze jours, ça fait pas loin de trois mois !
- Oui, pourquoi ?
- Ben, c'est que trois mois, ça me parait loin. Déjà que demain matin, pour moi, c'est énorme comme projet d'avenir...
- ...

J'avais raison. Le lendemain matin, c'était trop loin. Il est parti à cinq heures de matin, avec ma suggestion de se trouver une chambre d'hôtel pour se faire beau. Et non, je n'ai pas prévu de lui prêter mon fer à repasser pour donner un coup sur sa chemise avant de partir. Je suis une garce, quand même.

27 décembre 2012

La petite souris

- Ne sois pas trop sévère avec P. et les autres. Ils croient te faire un cadeau en te livrant leurs petites et grandes douleurs, comme ton chat te ramène une souris qu'il a massacrée après avoir bien joué. Reçois ce cadeau, puis enterre-le au fond du jardin...

Je ne suis pas sévère. C'est qu'en matière de séduction, "j'ai des soucis" n'est pas très sexy.