Affichage des articles dont le libellé est profs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est profs. Afficher tous les articles

4 juin 2019

Des choix/Choices

Mon frère est prof. Question d'un élève :
- Qu'y a-t-il après bi ?
J'ai suggéré : tri ?
Mon frère a pensé proposer :
- Si bi, ça ne te va pas, tu passes à gay ou hétéro.
Moi :
- Pourquoi toujours choisir ?
En fait, quand il a lancé "tri ?" à son élève, il lui a expliqué aussi que sa question prêtait à confusion.

My brother is a teacher. A student asks :
-What comes after bi?
I proposed : tri?
My brother thought to answer:
- If bi doesn't fit you, you can go to gay or hetero.
Me:
- Why always make a choice?
Actually, when my brother said "tri?" to his student, he also explained the question could be tricky.


26 septembre 2013

Retour au bercail 2

Putain, 6 mois !
ça c'est la douce et discrète réflexion du petit blond du premier rang.

J'ai juste bossé 5 heures pour une heure de face à face, à décortiquer et approfondir toutes les réponses à toutes les questions que je vous avais demandé de me poser sur ces deux articles de presse un peu coton sur la croissance économique mondiale.
Putain, 20 ans !

24 septembre 2013

Retour au bercail 1

Tiens, t'es pas venue en vélo aujourd'hui ?

Elle a 40 ans maintenant. une jupe noire, galbante (très), un chemisier fleuri, rouge, cintré (très), des talons hauts (assez) et le sourire radieux de la prof de philo qui a le concept rayonnant. Aujourd'hui, le concept, c'était entre Hugo Boss et Althusser.

31 mars 2013

Dans le fond

vendredi 12h47.

Depuis ce matin, je m'active, écris, relis, cherche dans les manuels, le programme, interroge tout ce qui a pu être publié et vais même pour y voir le plus simple du plus simple sur wikipedia. je trouve, je ne trouve pas et ai à peine le temps de réfléchir : à 12h47 je dois être prête.
A 12h47, j'aurai préparé, rangé mon sac, fait rôtir quelques tronçons de lotte, cuire du riz _ basmati, blanc _ je ne m'habitue pas au complet ou demi complet surtout pour le basmati dont le parfum est si sobre et délicat. Trollette sera rentrée de l'école et pas encore repartie, elle se débrouillera un peu seule, 12h47 m'appelle. Pas le temps pour les asperges, et puis ce n'est pas tout à fait la fête non plus !!
J'ai chaud, toujours un peu d'angoisse pour ce rendez vous de 12h47. Un peu d'angoisse, un peu de stress, je vais postillonner et suer. Il faudra prendre mes distances, m'habiller assez légèrement, avoir l'air décontracté. Une chemise bleu marine ample, un gilet qui me suit partout, un jean, mes converse noires. Je crois que cela fera l'affaire. Je n'ai plus le temps de me maquiller, je noue une écharpe.
12h47 : je suis assise à mon bureau, la porte est ouverte, c'est plus accueillant. Le PC est allumé, je le laisse ronronner pour qu'il soit prêt à 12h50, il faut parfois plus de 5 minutes pour lancer un DVD ou faire un appel... Je m'adapte.
12h48, des chahuts, des jeux avortés, des rires, des cliquetis de doigts pressés sur les écrans des portables, les couloirs sont occupés mais rien d'anormal. Un vendredi ordinaire. On passe devant ma salle, on chuchote, on repart, rien d'offusquant, on sonne à 12h50. On repasse et j'entends une voix nasillarde et nerveuse, cherchant un rire moqueur qui ne sort pas "elle est là mamie ?". La surdité me parait la réponse adaptée pour cette première tentative de naissance.
On repasse encore, plus doucement, les pas sont presque tendineux. J'entends la même voix nazillarde donc nerveuse, dont le rire moqueur ne sort toujours pas, "ben oui, elle est là mamie".
12h50, l'auteur de ce commentaire est devant ma porte et s'apprête à entrer. Il sera refusé, refoulé. Pas chez moi, pas toi.
Tu es si mal dans ta peau que ton agressivité a besoin de blesser, besoin de blesser pour te prouver que tu existes. Je peux tout décoder de ta souffrance d'adolescent, tout pardonner dans un élan christique, mais je ne peux rien excuser. Non, pas tout à fait,  j'ai beaucoup de mal à te pardonner, de 12h50 à 13h45 j'ai bafouillé, cherché mes mots, mes activités, ma concentration. Je peux tout décoder et je ne peux rien pour toi, rien d'autre que te refouler, tu as besoin de me briser pour exister. Je ne dénie pas ton droit à l'existence, je peux tout comprendre. Mais je nie ton droit à piétiner le bien commun.
Tant d'années, tant de luttes, tant de batailles, tant de souffrances et de sacrifices pour que tu sois là aujourd'hui devant moi, pour que tu aies ce droit, ce confort, ce choix. Tout cela est encore si fragile, si vulnérable, ... Toi, cette chance, cette belle chose qui n'est pas seulement moi, qui est tout ce que je suppose et incarne, toi, tu l'as méprisée, pour qu'elle te revienne suppliante, pour qu'elle te voie, te remarque, toi, toi, toi, à tout prix. Qu'elle te remarque pour te rappeler que tu existes, et que tu fais partie de nous.
Alors merci de leur apprendre à dire merci, merci de les laisser désirer, merci de les laisser raisonner. Merci de ne pas les déifier, leur toute puissance devant votre impuissance leur donne le vertige, la nausée.
Merci de les rassurer, merci de leur donner un monde qui tient ensemble, avec ou sans eux.
Aimez les avant de rechercher leur amour à tout prix. Ayez cette force et ce désir.
Je ne sais pas pourquoi, me revient cette musique de T21, que j'aimais quand j'étais plus jeune. "mais il se noie...",
Dans le fond...