Tu m’as
laissée dans ma maison vide, où le chat passe, élégante silhouette en blanc et
cannelle. Tu m’as laissée le corps tremblant et encore ému, les membres
frémissants. Ma bouche sent encore le
goût de ta peau, malgré la nicotine. Ma langue vibre encore d’avoir capté ta
chair, malgré les bulles. Le cadavre de la bouteille, les deux flûtes sur
l’évier, le lit défait, la marque de ton bras sur un coussin du canapé, ton
absence se voit encore, se voit déjà. Quelques instants, et toute trace de ton
passage se verra effacée, fantôme rare, juste assez rare. Les flûtes rincées et
rangées, la bouteille à la poubelle, les coussins remis d’aplomb, le lit
accueillant mon sommeil.
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