13 mai 2013

Traces

Tu m’as laissée dans ma maison vide, où le chat passe, élégante silhouette en blanc et cannelle. Tu m’as laissée le corps tremblant et encore ému, les membres frémissants.  Ma bouche sent encore le goût de ta peau, malgré la nicotine. Ma langue vibre encore d’avoir capté ta chair, malgré les bulles. Le cadavre de la bouteille, les deux flûtes sur l’évier, le lit défait, la marque de ton bras sur un coussin du canapé, ton absence se voit encore, se voit déjà. Quelques instants, et toute trace de ton passage se verra effacée, fantôme rare, juste assez rare. Les flûtes rincées et rangées, la bouteille à la poubelle, les coussins remis d’aplomb, le lit accueillant mon sommeil. 

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