Je rate toujours tout, je suis un gros nul.
Ce n'est pas ce que tu es, ni comment tu es, qui ne va pas. C'est une partie de ta vie dont tu ne décides pas seul, ce sont des silences quand il aurait fallu dire quelque chose, c'est un regard qui se détourne, un sourire qui n'est jamais monté aux lèvres, un merci qui n'a jamais été prononcé, des projets faits chacun dans son coin, des contraintes qu'on n'avait pas vues et qui paraissent soudain trop lourdes, etc. La liste pourrait être longue. Si jamais... tu auras l'occasion de parcourir de mémoire toutes les failles qui se sont ouvertes entre vous. On ne change pas par amour, on s'adapte, on devient soi, avec quelqu'un, mais on ne devient pas autre.
Alors, quoi que tu fasses et quoi qu'il advienne, il y a toujours des convives autour de la table. Elle, que tu aimes, même si ce n'est pas comme elle le souhaite. Et même si sa chaise se libère, T, A et L, sagement posés le long de la nappe (bon, je ne sais pas comment sont tes enfants, mais les vikings ne tiennent pas en place, même à table, sauf la bouche pleine, et encore), ton père et le reste de ta famille, tes amis. Et tes activités quotidiennes. Oui, je convoque du monde à ce banquet...
Après ? Soit vous êtes parvenus à surmonter cet accident de parcours majeur, soit non. Après, il n'y a toujours pas de fatalité à reproduire les mêmes erreurs, sans fin. Juste l'impérieuse nécessité de repartir de là, quelques cicatrices en plus, les marques de ce que tu as traversé, et les souvenirs aussi, de tout ce que tu as vécu de beau, de bon, de tendre, de doux, d'exaltant. Dans un cas comme dans l'autre, ce ne sera pas facile, et tu pourras te nourrir de toutes tes joies, de tous les bons moments et aller en chercher d'autres.
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