Je me sens
misérable, dans mon tailleur d’été, plantée en face d’un gentil-vendeur. Il m’explique
qu’il me croit quand je lui dis que je n’ai pas changé de pièce sur cet
appareil, mais le prestataire du SAV est formel : ce n’est pas la bobine d’origine.
Derrière moi, je sens les autres clients s’impatienter. Il faut dire que c’est moi qui suis un peu
déplacée dans ce magasin.
Je fais part
au gentil-vendeur de mon désappointement : le SMS indiquait que
je pouvais reprendre mon outil. Or il me
sort une facture pour « intervention inutile » et m’annonce que mon
problème n’est pas résolu.
Je me revois,
vaillante, dans les rayons, comparant les produits. Prix, poids, capacités.
Je me
souviens du déballage triomphant, du montage éclair. Des allées et venues pour faire démarrer l’appareil récalcitrant _ je suis peut-être une
dinde (après tout, je suis une femme) mais il a donné du fil à retordre au
vendeur.
Je me
remémore les heures de travail au soleil, dans le jardin. La satisfaction de
faire fonctionner cette belle machine que j’ai bien prise en main.
Je regarde le
gentil-vendeur. Les clients derrière moi soufflent bruyamment. Il ne sait pas,
le gentil-vendeur, que c’est un paradis qui s’envole.
J’ai un
jardin en friche à transformer en éden. Réparez-moi ma débroussailleuse !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire