18 juillet 2013

Le sourire de la crémière

Le dimanche matin, c’est marché. Nous y avons découvert LE ravitaillement. Nous y allons avec notre petite boite en carton, et nous attendons. Souvent, je discute, et les vikings parcourent la vitrine en se pourléchant les babines (viking n°3 a une langue assez longue pour toucher le bout de son nez, imaginez une girafe qui salive. Voilà, c’est ça).

Elle nous fait tout goûter. Il ne faut donc pas y aller juste après le café. La tome de chèvre, après le petit noir, comment dire… c’est aussi appétissant qu’une assiette de tripes ou une salade de poulpe, et pourtant, j’adore (la tome, les tripes et la salade de poulpe). Elle me fait des prix sur le talon de son comté, qui ira agrémenter les pâtes. Elle nous a fourni les ingrédients de la meilleure sauce au fromage du monde. 

Je ne sais pas si les sommes généreuses que je dépense chez elle la motivent, ou les yeux brillants des grands dadais qui m’accompagnent, ou le simple plaisir de me voir et d’échanger quelques mots, elle remplit mon sac de fromages, yaourts, œufs que je ne lui ai pas demandés, et pas payés. Elle va jusqu’à doubler ma commande, quand je lui ai dit que j’allais offrir un goût de Betteravie à trois trolls fins connaisseurs. La cousine des vikings, gourmande de chèvre, a des merveilles à déguster pour toutes ses vacances. La crémière a glissé dans mes emplettes bien plus que je ne lui avais indiqué. Tout est bon quand ça sort de ses mains. Elle a choisi ses producteurs, elle a une exigence immense pour ce qui se trouve sous son couteau. Et c’est bon. Que celui qui n’a jamais fait une orgie d’un chaource fondant comme du beurre me jette le premier crottin.

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