Le dimanche
matin, c’est marché. Nous y avons découvert LE ravitaillement. Nous y allons
avec notre petite boite en carton, et nous attendons. Souvent, je discute, et
les vikings parcourent la vitrine en se pourléchant les babines (viking n°3 a
une langue assez longue pour toucher le bout de son nez, imaginez une girafe
qui salive. Voilà, c’est ça).
Elle nous
fait tout goûter. Il ne faut donc pas y aller juste après le café. La tome de
chèvre, après le petit noir, comment dire… c’est aussi appétissant qu’une
assiette de tripes ou une salade de poulpe, et pourtant, j’adore (la tome, les
tripes et la salade de poulpe). Elle me fait des prix sur le talon de son
comté, qui ira agrémenter les pâtes. Elle nous a fourni les ingrédients de la
meilleure sauce au fromage du monde.
Je ne sais pas si les sommes généreuses
que je dépense chez elle la motivent, ou les yeux brillants des grands dadais
qui m’accompagnent, ou le simple plaisir de me voir et d’échanger quelques
mots, elle remplit mon sac de fromages, yaourts, œufs que je ne lui ai pas
demandés, et pas payés. Elle va jusqu’à doubler ma commande, quand je lui ai
dit que j’allais offrir un goût de Betteravie à trois trolls fins connaisseurs.
La cousine des vikings, gourmande de chèvre, a des merveilles à déguster pour
toutes ses vacances. La crémière a glissé dans mes emplettes bien plus que je
ne lui avais indiqué. Tout est bon quand ça sort de ses mains. Elle a choisi
ses producteurs, elle a une exigence immense pour ce qui se trouve sous son
couteau. Et c’est bon. Que celui qui n’a jamais fait une orgie d’un chaource
fondant comme du beurre me jette le premier crottin.
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