Ma douce,
Je sais que tu n’aimeras pas ce
billet, mais je prends le risque de tes reproches.
Moi, je n’aime pas les nouvelles que
tu me donnes.
Tes cartes sont pourries, remets-les
dans le jeu, et prends-en d’autres.
Cette tasse de café donne un marc trop
obscur. Jette tout ça, on va en refaire.
Place tes poings fermés entre mes
paumes glacées, je vais les serrer et les lignes de tes mains seront plus
longues.
Ne te résigne pas trop vite, tu as une
armée de barbares derrière toi. Des trolls et des vikings, ça ravage les vilaines
bêtes.
Je serai là où tu as besoin de moi, je
serai là comme tu veux, comme tu le sens, vaillant officier de ta vilaine
guerre.
Je travaillerai à mon grand œuvre, ce
roman commencé que tu n’as pas encore lu, et tu me donneras les meilleurs
conseils du monde. Je n’ai pas prévu de le terminer avant trente ans.
Mon frère, de ses tempêtes du siècle
en Mer du Nord, te dirait que les crustacés, on les bouffe. Avec de la
mayonnaise.
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