12 octobre 2013

L'aurore aux doigts de rose

Ma douce, je sais que tu te souviens avec émotion de mes fâcheries avec le réveil. Sur ce point, je n’ai pas beaucoup évolué.
Je suis restée un oiseau de nuit, et si j’aime la fréquentation de ma couette et de mon oreiller, j’ai souvent du mal à les rejoindre. Du coup, la gestion de mes levers s’en ressent.

-          Les vikings ont appris que leur mère est d’une humeur massacrante quand un « méheucémontourdejouer » ou « casstoidemachambrebolos » sonores ont brisé ses songes.

-          Ils savent aussi évaluer avec précision s’il convient de me tirer de mon sommeil ou pas. Les situations rencontrées sont variées :

o   Suite à une panne de courant, j’ai réglé le réveil. Sauf que j’ai interverti l’heure courante et celle de l’alarme.
o   Le réveil était bien réglé, les heures correctes. Sauf que j’ai frappé un peu fort : j’ai coupé le son.
o   On est dimanche, certes, et le réveil est bienheureusement muet. Sauf qu’il y a un type qui frappe à la porte avec insistance en énumérant une série de catastrophes qui ne manqueront pas de se produire si je ne fais pas abattre les deux peupliers du jardin dans l’heure qui vient, terrorisant les enfants qui visualisent à la moindre brise un arbre en travers de la maison de nos voisins âgés.


Et comme une partie de mon existence se passe de vikings et de leurs levers matinaux, j’affame mon chat. Il n’est nourri que lorsque je m’extirpe de la chaleur béate de ma couette. Dès lors, il n’hésite pas à me sauter sur l’estomac quand le sien fait des cabrioles. C’est aussi efficace qu’un verre d’eau froide.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire