Ma douce, je
sais que tu te souviens avec émotion de mes fâcheries avec le réveil. Sur ce
point, je n’ai pas beaucoup évolué.
Je suis
restée un oiseau de nuit, et si j’aime la fréquentation de ma couette et de mon
oreiller, j’ai souvent du mal à les rejoindre. Du coup, la gestion de mes
levers s’en ressent.
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Les
vikings ont appris que leur mère est d’une humeur massacrante quand un
« méheucémontourdejouer » ou « casstoidemachambrebolos »
sonores ont brisé ses songes.
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Ils
savent aussi évaluer avec précision s’il convient de me tirer de mon sommeil ou
pas. Les situations rencontrées sont variées :
o Suite à une panne de courant, j’ai
réglé le réveil. Sauf que j’ai interverti l’heure courante et celle de
l’alarme.
o Le réveil était bien réglé, les heures
correctes. Sauf que j’ai frappé un peu fort : j’ai coupé le son.
o On est dimanche, certes, et le réveil
est bienheureusement muet. Sauf qu’il y a un type qui frappe à la porte avec
insistance en énumérant une série de catastrophes qui ne manqueront pas de se
produire si je ne fais pas abattre les deux peupliers du jardin dans l’heure
qui vient, terrorisant les enfants qui visualisent à la moindre brise un arbre en travers de la
maison de nos voisins âgés.
Et comme une
partie de mon existence se passe de vikings et de leurs levers matinaux,
j’affame mon chat. Il n’est nourri que lorsque je m’extirpe de la chaleur béate
de ma couette. Dès lors, il n’hésite pas à me sauter sur l’estomac quand le
sien fait des cabrioles. C’est aussi efficace qu’un verre d’eau froide.
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