Mon oncle n’est pas venu. Il faut
dire, pour les obsèques de mon grand-père, le curé avait refusé le chien dans l’église.
Mon mari n’est pas venu. Il faut dire,
nous avions deux petits enfants que sa mère aurait pu garder, mais il n’aime
pas les cérémonies funèbres.
Le reste de la famille était là. Les
cousins du grand sud nous recevaient chez eux, au Mont des Oiseaux et du caveau
de famille.
Nous étions émus, tristes. Papa a dit :
« je suis le suivant ». Une génération disparaissait. Mais pour la
suite, on a de la marge.
Nous avons parlé de ce troisième
garçon qui m’alourdissait. Nous avons laissé le présent revenir, le futur
aussi. J’ai dit : « je voudrais bien avoir un enfant roux ».
Et puis la cousine de ma grand-mère
avait apporté des albums de photos. Nous les avons regardés tous ensemble. Elle
nous a raconté toutes les bêtises qu’elles avaient faites plus jeunes. Et petit
à petit, nous avons souri, nous avons même un peu rigolé.
A l’enterrement de ma grand-mère, il y
avait quelques larmes, la chaleur exubérante du Sud et quelques rires.
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