5 mai 2013

Des sons

Tu m’as patiemment entendue crier au génie sur un morceau qui ne te plaisait pas et tu me l’as dit gentiment.

Tu m’as passé tes disques, pour que je les prenne en mémoire et que je les déguste plus tard, au calme.
Je suis allée à un concert et je te l’ai raconté avec enthousiasme, cela t’a donné envie d’y aller.

Je vous abreuve des rythmes et des paroles qui m’accompagnent et vous ingurgitez la culture bordélique d’une mère avec appétit.
J’ai partagé avec toi ces chansons qui mettaient fin à une histoire condamnée d’avance, tu m’as dit que l’une était belle, que les autres étaient de mauvais goût. Je suis assez d’accord avec toi.
Vous m’avez offert les sons imprégnés de révolte d’un pays où chanter est surtout un acte militant, où on va en prison pour cela. Je clique encore sur leurs clips pour qu’on ne les oublie pas.
J’ai posé sur une mémoire les musiques que j’écoute. Je ne sais pas si elles t’ont enchanté.
Tu m’as offert de belles voix, des musiques d’ailleurs, des envoûtements pour mes soirées.
Je vous ai écrit en chansons, magie des liens hypertextes, je vous ai surpris et je vous ai fait rire.
Nous avons fait silence autour des arabesques de la clarinette, suspendu notre souffle et nos oreilles à la reprise de l’orchestre.
Je me suis laissée transporter par l’hymne auquel un jeune garçon prête une voix trop parfaite, une grâce qui va étreindre le chœur.
Nous avons emmêlé nos mots autour d’un air, et nous avons vu une demoiselle prendre son vol.
Nous partageons plus que de la musique. Des rêves, des joies, des sourires et des larmes.

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