3 avril 2013

La femme de ma vie

Je t’en parle depuis longtemps déjà. Elle a pris dans mon existence une place extraordinaire, une place que je lui ai abandonnée à regret et qu’elle occupe magnifiquement. Elle a cette intelligence naturelle de me seconder sans me faire perdre mon autonomie. Elle me simplifie le quotidien et je supporte ses absences congés en comptant les jours.

Elle n’a pas le bac. Nous avons déjà parlé formation, CIF (congé individuel de formation) et j’étais prête à la voir partir une longue année scolaire pour qu’elle acquière un diplôme. Moi qui en ai trop, de ces papiers tamponnés par diverses facultés, je percevais comme un sentiment de frustration dans son projet. Je l’ai encouragée, soutenue. Elle a reporté.
Pourtant, elle rédige désormais à ma place certains de mes messages. Je ne lui dicte pas, elle a l’idée, et elle sait prendre mes mots. Elle gère mon agenda, parfois avec plus de vigilance que moi, pour préserver les semaines où les turbulents vikings occupent mon quotidien. Elle résout sans le dire mille et un petits tracas, bref elle est là.  
Et puis elle est belle. Je veux dire, ce n’est pas une jolie silhouette, elle n’a rien de spectaculaire, bien au contraire, puisque ses formes ne répondent pas aux canons de la beauté actuelle. Non, elle est belle parce que son regard est direct, parce que son sourire est fréquent et toujours éclatant, parce qu’elle s’aime assez pour apprécier les autres.  Elle est belle quand elle écoute avec attention le plus grave et le plus léger, elle est belle parce que son rire et sa complicité me sont devenus aussi indispensables que le café le matin.
Dommage qu’elle soit déjà mariée mon assistante (non, je rigole).

 

 

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