Je ne
connais pas l’âge du lave-vaisselle, je l’ai adopté quand il était déjà grand,
à la faveur de ces superflus que créent de nouvelles associations (un couple
qui se forme, c’est souvent une machine à laver, un aspirateur, un
lave-vaisselle et un fer à repasser en trop).
Le chat,
nous l’avions eu à peine sevré, il y a seize ans. Une boule de poils
transportée dans une poche, qui a grandi, mais pas tant que ça, au pied du lit.
J’ai toujours gardé une secrète gratitude pour le père des vikings qui me le
laissa sans discussion.
Elle (car
c’était une féline présence femelle) menait ces derniers temps une existence de
coussin de canapé, fidèle au poste près de mon coude droit.
Elle est
allée planquer sa décrépitude, je l’en ai tirée pour tenter quelque chose. Et
puis non, son organisme ne voulait plus. Plus manger, plus boire, presque plus
respirer. Elle se laissait juste encore caresser en émettant un ronronnement
ténu.
Sa
tendresse me manque déjà. Comme son habitude de se coller à celui d’entre nous
qui se sentait mal, vague à l’âme, angine ou indigestion, elle accompagnait les
cauchemars de Viking n°3 comme les humeurs chagrines de son aîné ou mes soirées
de longue solitude.
Elle s’est
endormie sur une dernière caresse.
Le
lave-vaisselle, lui, est parti à la déchetterie. Je n'avais pas eu le temps de m'attacher.
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