16 décembre 2013

RIP

Le chat et le lave-vaisselle m’ont lâchée ce week-end.

Je ne connais pas l’âge du lave-vaisselle, je l’ai adopté quand il était déjà grand, à la faveur de ces superflus que créent de nouvelles associations (un couple qui se forme, c’est souvent une machine à laver, un aspirateur, un lave-vaisselle et un fer à repasser en trop).

Le chat, nous l’avions eu à peine sevré, il y a seize ans. Une boule de poils transportée dans une poche, qui a grandi, mais pas tant que ça, au pied du lit. J’ai toujours gardé une secrète gratitude pour le père des vikings qui me le laissa sans discussion.

Elle (car c’était une féline présence femelle) menait ces derniers temps une existence de coussin de canapé, fidèle au poste près de mon coude droit.

Elle est allée planquer sa décrépitude, je l’en ai tirée pour tenter quelque chose. Et puis non, son organisme ne voulait plus. Plus manger, plus boire, presque plus respirer. Elle se laissait juste encore caresser en émettant un ronronnement ténu.

Sa tendresse me manque déjà. Comme son habitude de se coller à celui d’entre nous qui se sentait mal, vague à l’âme, angine ou indigestion, elle accompagnait les cauchemars de Viking n°3 comme les humeurs chagrines de son aîné ou mes soirées de longue solitude.

Elle s’est endormie sur une dernière caresse.

Le lave-vaisselle, lui, est parti à la déchetterie. Je n'avais pas eu le temps de m'attacher.

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