La radio a
déchiré un réveil laborieux avec ça :
C’est beau,
la Méditerranée en bateau. Beau et cruel.
Il y a deux
ans, sur leur île magnifique, des Maltais me confiaient leur honte d’accueillir
les gens comme ça. Ils ne râlaient pas parce que ces gens étaient nombreux. Ils
pleuraient les morts et désespéraient pour les vivants.
Sur ces côtes
superbes où nous allons faire bronzer nos peaux trop blanches, il n’y a plus de
place pour les morts.
Pourtant, de
la place, il y en a, en Europe, ici.
Et de la vie,
il y en a, ici, là-bas.
Rendons-leur
leurs vies. Ici. Ou là-bas.
Pas simple ?
C’est vrai. A force de ne pas essayer, nous n’avons aucune chance d’y arriver.
Pour les Maltais, honteux, pour les Lampedusiens, en deuil. Pour nous. Pour ceux qui prennent le bateau.
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