12
kilomètres. 17 minutes. A cette heure, la circulation est fluide.
5 minutes
jusqu’à l’autoroute, juste le temps d’une cigarette.
La bretelle
d’accès, lancer la voiture à une vitesse raisonnable pour enquiller le trafic.
Il n’y a pas beaucoup de monde, les voitures filent. Cinquième vitesse, allure
de croisière.
5,5
kilomètres d’une autoroute avant l’embranchement. Le raccordement est long,
j’ai le temps de dépasser quelques lambins. Lever le pied suffit pour prendre
ce virage paresseux.
Plus que
1 000 mètres avant ma sortie. Trop court pour doubler encore. Je diminue
la pression sur l’accélérateur. La distance qui me sépare de la voiture
précédente est suffisante. La zone de sortie est courte avant le virage serré.
Je rétrograde.
Quelques
mètres avant le feu tricolore, toujours rouge. Il ne faudra pas rater le coche,
il ne reste pas longtemps vert.
Première. Je
m’apprête à lancer ma citrouille.
Coup de frein.
Quelques
centimètres entre ta roue arrière et mon pare-chocs.
Motard,
étais-tu si pressé ? Moi, j’étais presque arrivée. Au bout de la rue, il y
a ma maison.
Au bout de
mon pare-chocs, il y avait un choc que j’ai failli ne pas éviter. Ton feu était
bien mûr, et moi je suis fatiguée de ma longue journée, je ne t’ai pas vu
arriver sous mes roues. Je me secoue d’un frisson et je reprends ma route. Tu
prends des risques, c’est ta vie. Tu me fais prendre des risques pour toi. Mais
ça fait longtemps que tu as filé, invulnérable et pressé. Bonne route, motard,
moi je rentre.
500 mètres.
La maison.
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