Je suis seule
devant mon ordinateur.
Je n’aime pas
écrire ce soir. Ecrire, oui, mais je ne m’aime pas beaucoup ce soir d’aligner
des mots. Cela devrait rester un plaisir, pas des lamentations. Mais ce soir,
je suis devant un mur. Et je me lamente.
J’ai donné le
change au soleil et avec les vikings. Pas ce soir, ce soir, je suis seule, je
m’en fous, je sombre devant mon mur.
Inutile de
chercher à me consoler. Demain, il fera jour, et ça ira mieux.
Je devrais
pouvoir trouver, parmi les gens qui ont un peu d’affection pour moi, le soutien
pour survoler cette semaine, retrouver les vikings et reprendre le chemin des
vacances.
Je ne connais
pas de raison particulière à ce vague à l’âme. Pas la peine non plus de mener
des investigations poussées pour faire parler mon inconscient. Je ne tiens pas
à le voir, mon inconscient, il ne porte pas de culotte. Mieux vaut qu’il reste
planqué, c’est plus décent.
Peut-être que
les mots dissoudront les larmes au coin de mes yeux. La working-girl est
fatiguée en rentrant de vacances. Elle sent toutes ses fêlures trembler, et
elle a peur de se briser. Peut-on se sentir piégée par ses propres choix ? Il
semble que oui. Il faut donc en faire d’autres.
Demain,
j’irai reprendre possession de Paris, j’irai promener mon humeur dans un
jardin, je sortirai peut-être. Demain j’aurai les yeux secs, même si j’ai l’âme
encore lourde. Demain, j’appellerai des gens que je connais et j’aurai des
propos légers, comme il convient. Demain, je me prévoirai de petits plaisirs,
je prendrai date pour déjeuner avec un ancien collègue, pour dîner avec la
lumineuse marraine de mon fils. Demain je ne serai pas neuve, toujours fêlée,
toujours fragile, mais j’aurai apprivoisé cette tremblote à l’intérieur et je
pourrai sourire.
Demain, ma
solitude ne me pèsera plus. Ce soir, j’aurais volontiers échangé ce maudit
clavier contre deux bras doux, un sourire, une voix qui me berce.
Voilà, j’ai posé mes mots dans l’invisible
main du réseau. Et ça va mieux.