28 juillet 2013

Araignée du soir

Je suis seule devant mon ordinateur.

Je n’aime pas écrire ce soir. Ecrire, oui, mais je ne m’aime pas beaucoup ce soir d’aligner des mots. Cela devrait rester un plaisir, pas des lamentations. Mais ce soir, je suis devant un mur. Et je me lamente.

J’ai donné le change au soleil et avec les vikings. Pas ce soir, ce soir, je suis seule, je m’en fous, je sombre devant mon mur.

Inutile de chercher à me consoler. Demain, il fera jour, et ça ira mieux.

Je devrais pouvoir trouver, parmi les gens qui ont un peu d’affection pour moi, le soutien pour survoler cette semaine, retrouver les vikings et reprendre le chemin des vacances.
Je ne connais pas de raison particulière à ce vague à l’âme. Pas la peine non plus de mener des investigations poussées pour faire parler mon inconscient. Je ne tiens pas à le voir, mon inconscient, il ne porte pas de culotte. Mieux vaut qu’il reste planqué, c’est plus décent.
Peut-être que les mots dissoudront les larmes au coin de mes yeux. La working-girl est fatiguée en rentrant de vacances. Elle sent toutes ses fêlures trembler, et elle a peur de se briser. Peut-on se sentir piégée par ses propres choix ? Il semble que oui. Il faut donc en faire d’autres.

Demain, j’irai reprendre possession de Paris, j’irai promener mon humeur dans un jardin, je sortirai peut-être. Demain j’aurai les yeux secs, même si j’ai l’âme encore lourde. Demain, j’appellerai des gens que je connais et j’aurai des propos légers, comme il convient. Demain, je me prévoirai de petits plaisirs, je prendrai date pour déjeuner avec un ancien collègue, pour dîner avec la lumineuse marraine de mon fils. Demain je ne serai pas neuve, toujours fêlée, toujours fragile, mais j’aurai apprivoisé cette tremblote à l’intérieur et je pourrai sourire.
Demain, ma solitude ne me pèsera plus. Ce soir, j’aurais volontiers échangé ce maudit clavier contre deux bras doux, un sourire, une voix qui me berce.

 Voilà, j’ai posé mes mots dans l’invisible main du réseau. Et ça va mieux.