30 mars 2013
Sherlock
Un dossier
merdique. Si je dois m’en occuper, c’est qu’il est bien moisi, tendance prêt à
exploser, puant et déjà dégoulinant de pus. S’en occuper avant qu’il ne nous pète
à la figure ou qu’il nous contamine. Et je vais à la pêche aux informations. J’ai
la chance d’être entourée d’esclaves de collaborateurs dévoués qui me
constituent un fond d’éléments objectifs. Après, il faut reconstituer ce que
chacun a fait ou dit, compris et appliqué. Soyons clairs, en la matière,
personne ne dit l’entière vérité. On n’avoue pas facilement ses turpitudes
quotidiennes et ses approximations douteuses. Je confesse des collègues sur un
bout d’information, je tire les vers du nez pour un autre bout de la pelote (la
fréquentation d’un viking n°3 plutôt mutique aide beaucoup), j’écoute beaucoup de
mensonges d’arrangements avec la réalité. Je reconstitue une trame d’ensemble.
Et puis parfois, la pelote est trop emmêlée, le paquet sent trop les gaz
délétères, le colis est trop instable. Et je prends une hache, je tranche dans
le vif.
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