19 mars 2013

« Je pénètre à nouveau dans l’église, la petite juchée sur mes épaules dans la pénombre pour qu’elle puisse avoir accès aux images tout en haut. Je ne vois pas son expression mais je sais qu’elle regarde les statues avec une grave attention, qu’elle comprend que sur chaque chapiteau de colonne se déroule la lutte finale du bien et de mal, s’y affrontent anges et démons, innocence et culpabilité ; tout est clair et net, gravé dans la pierre : cornes et sabots, visages grimaçants ou empreints de bonté.

"Comprends-tu maintenant, mon petit enfant, la méchanceté du monde et des hommes ?"

Elle tient d’abord de ses deux mains de bébé une poignée de mes cheveux, puis elle laisse glisser des petites paumes sur mon front et les maintient un instant sur mes yeux, et puis elle attrape les oreilles et enfin je sens qu’elle me tapote une joue, puis caresse l’autre. »

Audur Ava Olafsdöttir, Rosa Candida

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