« Je
pénètre à nouveau dans l’église, la petite juchée sur mes épaules dans la
pénombre pour qu’elle puisse avoir accès aux images tout en haut. Je ne vois
pas son expression mais je sais qu’elle regarde les statues avec une grave
attention, qu’elle comprend que sur chaque chapiteau de colonne se déroule la
lutte finale du bien et de mal, s’y affrontent anges et démons, innocence et
culpabilité ; tout est clair et net, gravé dans la pierre : cornes et
sabots, visages grimaçants ou empreints de bonté.
"Comprends-tu
maintenant, mon petit enfant, la méchanceté du monde et des
hommes ?"
Elle tient d’abord de ses deux mains de bébé
une poignée de mes cheveux, puis elle laisse glisser des petites paumes sur mon
front et les maintient un instant sur mes yeux, et puis elle attrape les
oreilles et enfin je sens qu’elle me tapote une joue, puis caresse
l’autre. »
Audur Ava
Olafsdöttir, Rosa Candida
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