12 mars 2013

Lettre à un ami

Mon ami,

Tu souhaitais que je sois ta maitresse, pour tout un tas de raisons. Une grande partie d’entre elles n’étaient pas recevables à mes yeux. Il faut que je t’avoue aujourd’hui que cela ne m’a jamais effleurée. Oui, je sais, c’était le plan, enfin, le tien, de plan. Mais depuis le premier soir, la première minute, les premiers mots, je savais que c’était exclu. Mon ami, ta chair est triste. Et si tu as trouvé la mienne joyeuse, débridée, libre, heureuse, sensuelle, gaie, aimante, douce, il n’y a jamais eu en moi assez de chaleur pour réchauffer la banquise qui t’enserre le sexe. Pas le cœur. De celui-là, je ne me suis guère approchée.
Tu le regrettes et tu me l’as reproché. Comme tu m’as opposé tes nuits d’hôtel les soirs où tu m’espérais, où je me suis dérobée. Ce remord-là ne m’a pas atteinte. La pitié n’est pas un moteur du désir.
J’ai pris les nombreuses soirées que nous avons passées ensemble avec plaisir, car tu es un compagnon agréable. Cela ne faisait pas de toi un amant acceptable. Et comme en matière de libido, il n’est pas question de se forcer, j’ai apprécié l’ami, je n’ai pas voulu de tes baisers. Je t’ai offert un silence définitif. Je suis une ombre, et dans l’ombre de tes souvenirs je m’enfonce à jamais.

Ton ami,

Tu lui en veux de s'être approprié ce petit bout de ton intimité que tu lui avais prêté. Cet homme là ne rend pas les cadeaux ? Cet homme là plus que les autres te grise de ta propre liberté, il te la fait goûter, il en souffre et donc elle existe. Un jour tu m'avais dit que c'était très simple les hommes (nous remontions une pente assez raide en Sibérie), en fait, il se trouve que leur simplicité les rend très compliqués.

http://www.youtube.com/watch?v=VKj8VAieW_I

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