25 mars 2013
Immobile défilant
J’attends un
train brumeux sur un quai de gare un peu givré. Des nuages mènent une course
folle au-dessus de la banlieue, comme s’ils allaient gagner une compétition de
rayons de soleil. Ça sent l’ozone et la première clope du matin. Des fenêtres
de mon wagon, je regarde défiler des pavillons touchés par la grâce d’un doigt
d’électrum. Des gares se précipitent vers nous, et nous sombrons dans un
tunnel. Il fait froid et sommeil, chaud et populeux. Je m’engourdis dans mon
trajet jusqu’aux couloirs lépreux d’une correspondance. Dehors, il fait un pas
vif le long d’un jardin, le long d’un hôpital. Au retour j’irai juste effleurer
les abords du parc que l’hiver quitte un peu.
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