Je vous ai
dit que je ne voulais plus prendre la pilule que vous m’aviez prescrite, en
raison des risques d’AVC et de thrombose.
Ce n’était
pas tellement à moi de vous le dire, mais que voulez-vous, c’est ma vie, ma
santé et ma liberté, alors je m’étais documentée. Et j’avais lu la notice du
seul médicament que je prenais. Parce que c’est un médicament, la pilule, vous
vous souvenez ?
Vous avez
répondu : « moi, les femmes de plus de 40 ans, je leur pose un
stérilet ».
Vous faites
ce que vous voulez avec les femmes de l’âge que vous voulez, je n’étais venue
parler que d’une seule femme. Moi. Ce qui, pendant une consultation, me
paraissait plutôt indiqué.
Vous vous
êtes contentée d’échanger mon chèque (j’ai hésité, franchement) contre le
renouvellement de la pilule que je ne voulais plus prendre.
J’ai extorqué
à votre secrétaire une ordonnance (gratuite et signée par vous) pour la pilule qui me paraissait
mieux adaptée. Et qui ne présente, elle, aucun risque pour ma santé.
Il va sans
dire que nous n’aurons plus l’occasion de nous revoir. J’ai trouvé un médecin
qui m’a écoutée, conseillée et qui m’a offert la contraception que je désire. En discutant avec moi, c'est fou, non ? Dire que cela ne lui a pas pris plus de 10 minutes.
Mais aujourd’hui
je me demande combien de femmes ont franchi la porte de votre cabinet en
prenant des risques pour leur avenir ou pour leur vie.
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