30 janvier 2013

Primum non nocere

Quand je suis venue pour mon rendez-vous annuel, il y a dix-huit mois, je vous ai demandé de parler contraception. Après tout, vous êtes gynécologue, il me semblait que le sujet pouvait vous intéresser autant que moi.

Je vous ai dit que je ne voulais plus prendre la pilule que vous m’aviez prescrite, en raison des risques d’AVC et de thrombose.
Ce n’était pas tellement à moi de vous le dire, mais que voulez-vous, c’est ma vie, ma santé et ma liberté, alors je m’étais documentée. Et j’avais lu la notice du seul médicament que je prenais. Parce que c’est un médicament, la pilule, vous vous souvenez ?
Vous avez répondu : « moi, les femmes de plus de 40 ans, je leur pose un stérilet ».
Vous faites ce que vous voulez avec les femmes de l’âge que vous voulez, je n’étais venue parler que d’une seule femme. Moi. Ce qui, pendant une consultation, me paraissait plutôt indiqué.
Vous vous êtes contentée d’échanger mon chèque (j’ai hésité, franchement) contre le renouvellement de la pilule que je ne voulais plus prendre.
J’ai extorqué à votre secrétaire une ordonnance (gratuite et signée par vous) pour la pilule qui me paraissait mieux adaptée. Et qui ne présente, elle, aucun risque pour ma santé.
Il va sans dire que nous n’aurons plus l’occasion de nous revoir. J’ai trouvé un médecin qui m’a écoutée, conseillée et qui m’a offert la contraception que je désire. En discutant avec moi, c'est fou, non ? Dire que cela ne lui a pas pris plus de 10 minutes.
Mais aujourd’hui je me demande combien de femmes ont franchi la porte de votre cabinet en prenant des risques pour leur avenir ou pour leur vie.

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